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Le syndrome de l'imposteur ou Comment ne jamais se sentir à sa place

« Un jour, quelqu'un va découvrir que je ne suis pas qualifié »

Publié le par Valérie Landry dans Carrière
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Ce n'est pas un secret, la société dans laquelle on vit valorise la performance à tout prix. Depuis qu'on est petits, on nous bourre le crâne, on nous évalue, on nous pousse à choisir un métier au plus vite. Pourtant, la réalité est qu'on n'est probablement pas destinés à une carrière précise. Et choisir un programme au CEGEP ou à l'université, c'est renoncer à tout le reste. Résultat : la plupart d'entre nous doute de son choix. Et si j'étais fait pour autre chose ? Et si je n'étais pas au bon endroit ? Et si je n'avais pas ce qu'il faut pour réussir ? Et si je ne trouvais jamais ma place ? 

Bref, malgré tout, on choisit un programme, on obtient un diplôme, puis une première vraie job. Mais on a quand même l'impression de n'avoir rien accompli, de ne pas mériter notre poste, de ne pas avoir le droit d'être là. C'est comme si on jouait un jeu, comme si on faisait semblant d'être compétent alors qu'il y a tellement de gens plus qualifiés. On doute de nos idées, on se sent complètement inutile et, même lorsqu'on fait un bon coup, on se dit qu'on a eu de la chance. Eh bien, ça, c'est le syndrome de l'imposteur

 

Le docteur en psychopathologie Kevin Chassangre explique : « Ce sont des perfectionnistes, avec des exigences élevées — voire impossibles à atteindre — et une insatisfaction chronique. Ces personnes ont une vision inadéquate de ce qu'est l'intelligence ou la réussite, une peur importante de l'échec et une culpabilité par rapport au succès. Elles sont persuadées que les autres en attendent beaucoup plus que ce n'est le cas en réalité. Au fond, elles font un contresens complet en comparant les compétences des autres à leurs lacunes. De quoi se déprécier durablement. Cette insécurité latente conduit à la peur quotidienne d'être démasqué. » 

 

Il est tout à fait normal de douter de soi. Ça montre justement qu'on n'est pas un narcissique qui se pense au-dessus de tout le monde. D'ailleurs, 60 à 70% des personnes douteraient, à un moment ou à un autre de leur carrière, de la réalité ou de la légitimité de leurs succès. Par contre, lorsque le doute est constant, c'est là où ça devient un poids lourd à porter. 

 

Le problème, c'est qu'à long terme, quelqu'un qui souffre du syndrome de l'imposteur aura deux tendances. Soit il souhaitera éviter l'échec à tout prix et donc s'empêchera de réussir; il fera profil bas, ne prendra pas de risque et ne réalisera jamais son plein potentiel. Soit il aura tendance à en faire trop pour compenser et se brûlera à la tâche. Pourtant, lorsqu'on y pense, est-ce que vraiment tous les gens qui travaillent dans un domaine en particulier ont les compétences qu'on s'exige ? Il aura toujours mieux que soi, comme il y aura toujours pire. Cessons d'être aussi sévère envers soi-même ! 

 

Parce que, dans le fond, personne ne naît expert. On le devient par l'éducation et par les expériences. Chacun d'entre nous a des forces et des faiblesses, chacun apprend à sa vitesse, chacun a des habilités. Mais une chose est certaine : personne n'est parfait. De toute façon, il semblerait que le syndrome de l'imposteur affecte plus souvent les enfants et les adultes à haut potentiel, donc surdoués. Comme on dit : les plus grands génies de ce monde sont tourmentés de doutes ! 

 

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Sources : Nicolas Sarrasin, L'express, Wikipedia

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Crédit Photo: Buzzfeed